Luth Renaissance

Pour les instruments à 6 chœurs, on peut opter pour des détails typiques des luths reproduits sur les peintures du début de la Renaissance : manche profond au profil incurvé, joint table/touche droit, filet de bord de table en buis (peu visible). Le manche peut être dans ce cas massif (bois fruitier, érable), tout comme le chevillier.
Dans les versions à 7 chœurs et plus, le manche est généralement plaqué en ébène, et le chevillier plaqué suivant le bois de la caisse.

N’hésitez pas, si besoin, à demander conseil quant au choix de la taille et du nombre de chœurs, pour un instrument adapté à votre goût, et au répertoire pratiqué.

D’après Wendelin Eberle, c. 1600

(KunstHistorischesMuseum Wien)

Diapason de 44 cm (accord en Do ou Ré aigus), 6 ou 7 chœurs, 19 côtes (if, cyprès, fruitiers, palissandre) avec filets contrastants.

Pour jouer la partie de dessus dans un consort.

D’après un luth anonyme fin 16e s.

(KunstHistorischesMuseum Wien)

Un très joli instrument, dont la forme de la caisse en if n’est pas sans rappeler le Hans Frei cité plus bas, à taille réduite ! Le manche actuel et le chevalet sont postérieurs.

Diapason de 52-53 cm (accord en La), 6 à 8 chœurs, 11 côtes (if, cyprès, érable ondé, frêne ondé, bois fruitiers), avec ou sans filets.

D’après Wendelio Venere

Il s’agit en fait d’une réduction à 83 % de la caisse du luth de 1582 (KunstHistorischesMuseum Wien), ce qui donne un joli petit luth dans le style de Padoue avec un diapason très pratique. La rosace « au lion » est copiée sur la partie centrale de la rosace d’un luth basse de Venere (converti en théorbe, Cité de la Musique).

Diapason de 55 cm (accord en La), 7 chœurs, 13 côtes (if, cyprès, érable ondé, frêne ondé, bois fruitiers), avec ou sans filets.

D’après Wendelio Venere, 1592

(Bologna Academia Filarmonica)

Un luth délicat et parfaitement conservé. Typique de la facture de Padoue et Venise, caisse en if avec le contour plus rond et plein.

Diapason de 59-60 cm (accord en Sol), 7 à 8 chœurs, 25 côtes (if, cyprès, palissandre), avec ou sans filets. Manche et chevillier plaqués en ébène ou avec des bandes alternées de 3 essences de bois, comme l’original.

D’après Georg Gerle, c. 1580

(KunstHistorischesMuseum Wien)

L’original, tout en ivoire, est un des très rares instruments à 6 choeurs non altéré.

Diapason de 60 cm (accord en Sol), 6 à 8 chœurs, 11 côtes (if, cyprès, érable ondé, frêne ondé, bois fruitiers), avec ou sans filets.
Manche plaqué ébène ou avec bandes alternées.

Ci-dessous, une copie assez fidèle de l’original (sans ivoire toutefois !), puis plusieurs versions de 6 à 8 chœurs.

D’après Hans Frei, c.1550

(KunstHistorischesMuseum Wien)

Bel exemplaire du style de  Bologne, avec caisse allongée et peu profonde en érable ondé.

Diapason de 63-64 cm (accord en Sol ou Fa), 6 à 8 chœurs, 11 côtes (if, cyprès, érable ondé, frêne ondé, bois fruitiers), avec ou sans filets.

De par la géométrie de la caisse, ce luth est confortable à jouer et possède une bonne projection de son.

D’après Wendelio Venere, 1582

(KunstHistorischesMuseum Wien)

Typique de la facture de Padoue et Venise, caisse en if avec le contour plus rond et plein.

Diapason de 67 cm (accord en Fa), 7 à 8 chœurs, 13 côtes (if, cyprès, érable ondé, frêne ondé, bois fruitiers), avec ou sans filets.

D’après Laux Maler, c.1530

(GermanischesNationalMuseum Nürnberg)

L’un des rares exemplaires du célèbre facteur de Bologne, avec caisse allongée en frêne ondé.

Diapason de 68 cm (avec le chevalet en position classique, accord en Mi) ou 73 cm (avec le chevalet en position basse, d’après les traces d’un chevalet original sur la table d’harmonie, accord en Ré) , 6 à 8 chœurs, 9 côtes (if, cyprès, érable ondé, frêne ondé, bois fruitiers), avec ou sans filets.

Luth 10 chœurs

Il est possible de construire la plupart des modèles avec 9 ou 10 chœurs.

Pour un luth 10 chœurs en sol, le modèle d’après Frei est bien adapté avec 63-64 cm de diapason, mais il est également possible de partir du Venere ou Gerle par exemple. Dans ce cas, il est préférable de prévoir de rallonger le manche d’une frette (9 frettes), pour faire mieux sonner les basses, et selon les recommandations de Dowland.

Idéal pour jouer le répertoire Renaissance tardif , et le début de la musique Baroque : en accord « vieil ton » ou en « accords nouveaux » français (consulter aussi la rubrique luth baroque pour d’autres modèles)