Acte III

gravure de Chenu, fin 18e s., France

Au tournant du XVIIe siècle, une transformation de l’esthétique musicale profonde secoue l’Italie. C’est la naissance de l’Opéra, du «style nouveau» (la musique Baroque)
La recherche de sonorités graves, et les contraintes acoustiques, conduisent à de nombreuses innovations, comme l’archiluth et le théorbe ou chitarrone, qui assurent le rôle de basse continue dans l’orchestre, tandis que le luth est progressivement abandonné.

En France, on teste de nouvelles façons d’accorder le luth pour aboutir au luth Baroque à 11 chœurs et accordés en tierces (contrairement au « vieil ton » de la Renaissance, en quartes) C’est l’apogée du luth français et de son « style brisé ». Un peu plus tard, on ajoute un 12e puis 13e chœur en Allemagne, où se cultive encore le goût du luth jusque vers 1750. Il est progressivement oublié et remplacé par des instruments plus puissants, conformément à l’évolution de l’esthétique musicale.

Second prologue …

La redécouverte des musiques dites « anciennes », initiée au 19e siècle, prend de l’ampleur vers les années 1950, notamment au Royaume-Uni, et l’interprétation de la musique sur instruments d’époque devient progressivement une évidence.
Le luth, instrument emblématique pendant plus de 5 siècle, puis délaissé, cantonné sous une forme abâtardie à un rôle folklorique mineur dans l’Allemagne du XIXe siècle, est redécouvert.
Ses qualités intrinsèques et son riche répertoire en font un des instruments anciens majeurs sur la scène musicale actuelle, comme en témoigne le développement de sa pratique contemporaine.

Pour approfondir :

- l’histoire du luth sur le site de David van Edwards (anglais)

- Historical Lute Construction, Robert Lundberg, GAL, 2002 (anglais)

- Die Laute in Europa 2, Andreas Schlegel & Joachim Lüdtke, The Lute Corner, 2011 (allemand et anglais)

- A History of the Lute from Antiquity to the Renaissance, Douglas Alton Smith, LSA, 2002 (anglais)