Acte I

Prologue

Histoire de Bayâd et Riyâd, manuscrit maghrébin du 13e s.

L’origine du luth, comme tant d’autres découvertes tel que l’écriture ou les nombres, se perd dans la nuit des temps des antiques civilisations mésopotamiennes du premier millénaire avant notre ère. La diffusion progressive d’un instrument archaïque dans les pays voisins a abouti à une famille entière d’instruments : les luths. Caractérisés par une caisse piriforme, un manche court, et un chevillier renversé vers l’arrière, on en trouve des représentants de l’Europe occidentale jusqu’au Japon.

Au Moyen-Orient, cet instrument devient « al°oud » (littéralement « le bois », d’où dérive le mot « luth ») et au contact de la civilisation arabo-musulmane qui en fait son « roi des instruments », se répand de l’actuel Irak jusqu’en Espagne à partir du VIIe siècle de notre ère.

Son introduction en Europe s’effectue à partir du XIe siècle de notre ère, grâce à quatre sources d’échanges supposées entre la culture arabo-musulmane et occidentale : la Reconquista de l’Espagne par les rois Catholiques , les Croisades, les échanges commerciaux avec Venise, et la conquête successive de la Sicile par les « Sarrasins »puis les rois normands.

A partir de ce moment, ce luth antique va évoluer de façon différente dans chaque ère culturelle, pour aboutir d’une part, en terre d’Islam au luth oriental actuel, ou °oud sharqi, et ses variétés régionales maghrébines ; d’autre part, à toute la famille du luth occidental.

Ces transformations se produisent conséquemment à l’évolution de la musique, et en réponse aux contraintes matérielles de l’époque.

Acte I

miniature du manuscrit de « Cantiguas de Santa Maria » (13e s.)

Le luth introduit en Europe à partir du XIe siècle, est un instrument à la caisse de forme variable mais fabriquée avec des côtes de bois (lamelles) assemblées , et non pas creusée dans un bloc, ce qui constitue une révolution en Europe et indique clairement l’origine arabe. Ce luth médiéval (dont nous ne possédons que des représentations picturales) conserve d’autres caractéristiques arabo-musulmanes : avec sa rosace au motif géométrique, il possède 4 ou 5 chœurs (ou doubles cordes) qui se pince avec un plectre en plume ou en corne.

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